L’IVAC (Indemnisation des victimes d’actes criminels) a versé 475 millions de dollars en 2025, mais prend-on toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que cet argent se rende aux bonnes personnes? Telle est la question posée dans le reportage de Pasquale Turbide et Yanick Rose, IVAC : les failles du filet, présenté à Radio-Canada dans le cadre d’Enquête, le jeudi 29 janvier 2026 à 21 h, sur ICI TÉLÉ et ICI TOU.TV.
Trois chapitres proposent des exemples concrets de lacunes dans le traitement des demandes qui ont explosé depuis l’élargissement du programme voté en 2021.
Le premier, Agresseur sans le savoir, présente le cas d’un homme qui a découvert, au moment de régler en cour les conditions de son divorce, que son ex-conjointe allait recevoir près de 200 000 dollars pour son enfant qu’elle affirme avoir été conçu au cours d’une agression sexuelle. Il n’en savait rien, car de son point de vue, il n’avait pas commis d’agression sexuelle, d’autant plus que la police ne l’a jamais contacté et que le DPCP a jugé une condamnation impossible. De telles indemnités sont généralement accordées sur la foi de quelques pièces et d’une déclaration sur un formulaire. Cela peut-il entraîner des abus? Les avis divergent sur la question.
Le deuxième chapitre, Payer pour être indemnisé, au contraire, nous fait partager l’expérience d’une victime confrontée à des demandes pointilleuses de l’organisme. De 5 à 13 ans, il a été battu et agressé sexuellement à répétition par son père qui purge une peine de prison pour ces crimes. En 10 ans d’efforts pour obtenir un juste dédommagement, il a dû débourser 25 000 $ en frais d’avocats et d’expertises médicales pointues, et il n’a pas fini…
Le troisième, Le bar ouvert, montre comment certains pharmaciens peuvent profiter du système en réclamant des honoraires exorbitants pour le traitement de prescriptions payées par l’IVAC. Pour Enquête, un pharmacien en a fait la démonstration en soumettant des honoraires de 200 $ au lieu des 12 $ qui s'appliqueraient normalement au médicament visé. La somme lui a été versée sans la moindre question.
L’avocat Marc Bellemare, qui a consacré une grande part de sa carrière à défendre des victimes d’actes criminels, le juriste Daniel Gardner, auteur d’un livre-phare sur le sujet, et la députée Christine Labrie de Québec solidaire, qui juge que la réforme de 2021 rend enfin justice aux femmes, commentent le fonctionnement de l’IVAC et les améliorations qu’on pourrait y apporter, notamment en termes de saine gestion des fonds publics.
Animatrice : Marie-Maude Denis
Journaliste : Pasquale Turbide
Réalisateur : Yanick Rose
Réalisatrice-coordonnatrice : Sophie Lambert
Rédacteur en chef : Alain Abel